Le secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Wamkele Mene, a estimé, vendredi, que la Tunisie dispose d’atouts importants pour renforcer sa présence commerciale sur le continent africain et diversifier davantage ses marchés d’exportation, en s’appuyant à la fois sur son expérience au sein de la ZLECAf et sur ses solides partenariats économiques avec l’Europe.
S’exprimant à l’issue d’une visite de travail en Tunisie, le responsable africain a indiqué que ses entretiens avec les autorités tunisiennes et les représentants du secteur privé ont porté sur les opportunités offertes par la mise en œuvre de la ZLECAf, ainsi que sur les défis auxquels font face les entreprises souhaitant développer leurs activités à l’échelle africaine.
Wamkele Mene a rappelé que la Tunisie figurait parmi les premiers États à signer et ratifier l’accord instituant la ZLECAf en 2020. Il a également souligné son implication précoce dans l’Initiative sur le commerce guidé, un programme pilote lancé en 2023 pour tester les échanges commerciaux dans le cadre de la nouvelle zone de libre-échange continentale.
Selon lui, cette participation a permis à la Tunisie d’acquérir une expérience précieuse des mécanismes du commerce intra-africain, offrant ainsi aux entreprises tunisiennes un avantage compétitif pour élargir leur présence sur les marchés du continent.
Le secrétaire général de la ZLECAf a relevé que plus des deux tiers des exportations tunisiennes sont actuellement orientés vers l’Union européenne, ce qui rend la diversification des débouchés commerciaux particulièrement stratégique. Dans ce contexte, il a estimé que les marchés africains, notamment ceux de l’Afrique de l’Ouest, représentent un potentiel de croissance important pour les exportateurs tunisiens.
Mene a, par ailleurs, insisté sur le rôle déterminant du secteur privé dans la réussite du projet d’intégration économique africaine. Les échanges avec les chefs d’entreprise ont notamment porté sur plusieurs dispositifs destinés à faciliter l’accès aux marchés africains, en particulier pour les petites et moyennes entreprises.
Parmi ces outils figurent le Fonds d’ajustement de la ZLECAf, développé en partenariat avec Afreximbank pour accompagner la mise en œuvre de l’accord, ainsi que le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), qui permet d’effectuer des transactions transfrontalières en monnaies locales sans passer par une devise tierce.
Le responsable africain a toutefois souligné que plusieurs contraintes continuent de freiner le développement du commerce intra-africain. Il a notamment cité le coût élevé du transport et de la logistique, l’insuffisance des infrastructures ainsi que les difficultés d’accès au financement du commerce, des obstacles qui touchent particulièrement les PME et les jeunes entrepreneurs.
Au terme de cette visite, le Secrétariat de la ZLECAf et les autorités tunisiennes ont convenu de travailler à l’élaboration d’un plan d’action conjoint visant à renforcer la facilitation des échanges, améliorer les infrastructures logistiques, développer les corridors commerciaux et accroître l’implication du secteur privé dans la dynamique d’intégration économique africaine.
